Collection de jeux video Cover

Collectionner des jeux vidéo, mais pourquoi ?

J’ai toujours voulu écrire un article un peu chiadé sur la collection de jeux vidéo et ce qui me passionne là dedans. Faute d’inspiration pendant des années ce sera finalement le très moyen billet de Gamekult consacré à cette pratique qui aura déclenché ma plume. Beaucoup trop d’approximations et une écriture très orientée de la part de l’auteur me forcent à vous livrer mon point de vue.

Ce que Gamekult en pense

J’aime bien Gamekult, de toute l’offre web je pense que c’est le site qui me correspond le plus. Et même si j’aime moins leurs -trop nombreuses- private joke pendant leurs émissions et leurs avis un peu « on a les bons goûts et pas toi » ils font un taff hyper sérieux et beaucoup plus impartial que leurs confrères. L’article en question est un billet réservé aux abonnés Premium et n’est pas écrit par un des rédacteurs permanent. Ce qui m’agace d’entrée avec son billet c’est d’ouvrir le premier paragraphe sur un « Et tout ça pour mettre sur une étagère, vraiment ? » lourd de sens qui indique dès l’intro sur quel ton va jouer l’argumentaire.

Collection de jeux video Ape Escape

Sans histoire à raconter une collection est bien vide de sens

Pourquoi en suis-je venu à la collection de jeux vidéo ?

Mes premiers contacts avec le jeu vidéo ont été -comme beaucoup- inscrits dès l’enfance. J’ai toujours eu un pad à la main et une certaine limitation dans mes possibilités de jeux. Pour acheter un nouveau jeu il fallait économiser des mois et revendre ses anciens pour pouvoir en dégoter un nouveau. Je pense que beaucoup de collections de jeu vidéo commencent comme la mienne par une revanche sur la jeunesse. Avec mon premier salaire je suis allé sur eBay me racheter Ape Escape et Pokémon Rouge, deux de mes plus grands regrets d’échange en magasin.

De petits achats nostalgiques on passe à des « Oh j’ai toujours voulu tester ce jeu quand j’étais gosse ! », puis à des recommandations de jeux par des amis etc… On ne se réveille pas un matin en disant « Et si je me lançais dans la collection de jeux vidéo ? ». Certains commencent sans doute comme ça mais c’est stupide et peu représentatif. Cela me fait penser à la fameuse question « A partir de combien d’arbres on peut dire que c’est une forêt ? » que je transforme en « A partir de combien de jeux on devient collectionneur ? ».

Le fait de juste posséder en lui même n’a aucun sens et ma collection de jeu vidéo n’aurait aucune valeur sans les histoires qu’elle véhicule. De tout l’article de Gamekult à ce sujet je pense que c’est ce qui m’attriste le plus, comme si le fait d’aligner des jeux sur une étagère répondait à une logique froide et primitive. Dans tout ce que je partage sur mon blog je raconte le contexte de mes trouvailles, pourquoi tel ou tel jeu m’intéressait, qui me l’a vendu et pourquoi… Avant de n’être résumés qu’a des objets avec une valeur pécuniaire ce sont également des produits culturels.

Je me souviens par exemple (hors jeux vidéo du coup) à Paris les beaux classeurs d’anciennes cartes Pokémon que nous avions racheté à un ancien collectionneur « J’espère que vous en prendrez soin ! ». Ou encore de ces petites victoires comme pour les belles perles que j’ai dégoté sur Megadrive il y a deux ans.

Un vide grenier ou rien ?

Largement popularisé par les chaînes Youtube de collection de jeux vidéo (dont je trouve la majorité superficielle et peu intéressante) les vides greniers sont en effet un moyen abordable de constituer sa petite caverne aux trésors. Contrairement aux à priori les brocantes ne sont pas le seul moyen officiel de constituer sa collection de jeux vidéo. Il m’arrive régulièrement d’échanger mes jeux sur Twitter, si j’ai un beau RPG en double (ou qui ne m’intéresse pas) je sais à qui il fera plaisir. De la même manière les conventions créés par et pour les passionnés sont une manière hyper enrichissante de découvrir des jeux et d’affiner ses connaissances.

Donc « NON » le vide grenier n’est pas nécessairement rattaché à la collection de jeux vidéo. Et pour en terminer avec les brocantes : oui c’est un milieu concurrentiel et non ce n’est pas les collectionneurs de jeux vidéo qui ratissent tout. Sachez que beaucoup de business se fait en achetant dans ces manifestations pour revendre plus cher ensuite. Cela m’est déjà arrivé plusieurs fois (et notamment ici) qu’un chineur me demande de lui revendre un jeu topé sur l’instant. Ces gens là ne sont ni collectionneurs ni passionnés, ce sont juste des mecs pas assez cons pour voir que des jeux achetés 2€ se revendent 10-20€ sur le net.

Collection de jeux video Wii U

Quelques détails qui chagrinent

Contrairement a ce qu’en dit l’article de Gamekult, le credo « Vivons heureux vivons cachés » ne s’applique pas à la collection de jeux. En témoignent les téraoctets de contenus vidéo ou texte tous écrits dans le but de partager sa passion. Il existe bien entendu une crainte : « Tant si je montre ma collection à [UNTEL] il va le dire à ses potes et je me fais cambrioler ? ». A cela je répondrai que la prudence n’est pas exclusive aux collectionneurs de jeux et que cela revient juste à ne pas faire venir n’importe qui chez soi.

Je n’ai pas non plus honte d’avoir une collection de jeux vidéo, même si la majorité de mon entourage n’y est pas sensible elle respecte ma passion et ne s’interdit pas un « Oh on se fait une partie de [XXX] ? ». Un passionné de cinéma, de littérature, de figurines devrait-il avoir honte ? C’est au jugé de chacun, j’ai la chance de m’entourer de gens ouverts d’esprit mais je ne dis pas que mon cas est représentatif.

« La mort du collectionneur » alors ça c’est un passage du billet qui m’a fait pouffer de rire. Tant par l’absurdité de la question (l’article comportait des bouts d’interview de personnes de 20 piges, la question de la mort doit vraiment les hanter !) que par sa réponse évidente : ON S’EN BALEK ON SERA MORTS. Tout un paragraphe est consacré à « la mort du collectionneur », un paragraphe tellement grand que j’ai demandé dans mon entourage « Mais tu t’es déjà posé la question toi ? ». Réponse universelle de mes amis « Non, mdr ». Pour synthétiser mon avis en deux secondes : oui si ma collection va à mes enfants ou à quelqu’un qui saurait l’apprécier ce serait cool, dans tous les cas je serai pas là pour m’y opposer. Maintenant que ce dilemme est résolu reste à savoir à qui je vais léguer mon canapé 4 places ?

Là ou l’on peut totalement rejoindre l’article de Gamekult c’est que la majorité des collectionneurs sont en compétition permanente. Un mec parle d’un jeu sur Twitter ? Le collectionneur se sent obligé de lui répondre qu’il le possède en 25 fois sous blister. Plus que le reste c’est à mon avis cette ambiance pesante du « moi d’abord ! » qui cause du tort à cette passion. Alors forcément les mecs qui se font des murs en NES juste dans le but de publier ça sur Instagram je suis d’accord : d’un point de vue extérieur ça fait con.

En résumé

Quand des amis viennent chez moi et fouillent dans mes étagères pour en sortir un jeu « On joue à ça ? » je suis le plus heureux du monde. Mon expérience et ma philosophie ne sont bien entendu pas 100% représentatifs des collectionneurs mais j’espère qu’il aura le mérite d’ouvrir un peu plus le paysage dépeint par l’article de Gamekult. Il existe autant de collections de jeux vidéo qu’il existe de collectionneurs, dans tous les cas ne résumer la chose qu’a quelques à priori est maladroit.

Je n’ai pas abordé tous les points du billet que je critique chez Gamekult, l’idée c’est aussi que mon article puisse se lire indépendamment. J’aurai bien rajouté quelques mots sur les sommes dépensées par mois, la revente de jeux… Mais je n’aime pas faire des articles trop longs, ce sera peut-être pour une autre fois !

Si un jour l’envie d’acquérir quelques pièces de votre enfance ou de partir à la découverte de nouveaux titres se fait sentir : par pitié amusez vous ! N’achetez pas par obligation, ne vous privez pas d’ouvrir un jeu car « il vaut plus sous blister » ! C’est les seuls conseils que je peux donner à ceux qui voudraient se lancer !

Un supplément avec ça ?

5 Commentaires

  • 3615 PTV

    17 janvier 2017à20 h 21 min

    Alors là, chapeau. C’est tellement vrai.

    Je ne suis pas Premium Gamekult (ai mes raisons, la principale est que je n’ai pas de taf stable qui permettrait un abonnement régulier), mais de ce que tu en sors, c’est quand même assez contradictoire d’avoir un article pareil sur ce site.
    Ce site qui n’hésite pas à namedrop de nombreuses licences et jeux plus ou moins inconnus dans leurs podcasts et émissions (je pense en particulier à Gaijin Dash avec Puyo et surtout Kamui qui possède une collection de taré qui en parle également dans After Hate, j’ai un profond respect pour lui) et qui, dans un autre article -dont je ne doute pas que des gens de la rédaction sont pas forcément d’accord- mentionne la collection de jeux vidéo au mieux comme un moyen de faire de la spéculation, au pire un quasi-syndrome de Diogène mal réglé qui trouvera une fin par la mort du collectionneur / cambrioleur / que sais-je.

    C’est dommage, vraiment, de considérer le jeu vidéo comme tel, surtout pour un site qui se réclame de voir le jeu vidéo autrement ; La preuve avec After Bit sur la musique de JV, par exemple, et Gautoz qui prouve avec sa passion pour la musique que le Jeu vidéo n’est pas qu’un gameplay et un divertissement, mais surtout un travail artistique (OST), visuel (Artbooks, Directions artistiques) et que c’est pas juste un pauvre truc pour passer le temps. C’est culturel, mais malheureusement, le public adepte de Jeux Vidéo est épars, et certains le considèrent comme tel, d’autres le prennent, le consomment, le recrachent, et avalent un nouveau produit.

    En plus du JV, je collectionne goodies, comics, artbooks par exemple. Je ne fais pas ça pour me la péter, faire grossir un e-penis futile ou quoi ; Quand des invités viennent, c’est ma manière à moi de leur proposer quelque chose à consulter, découvrir, qui peut également inciter ces derniers à être curieux. Et la CURIOSITE (et j’insiste sur le mot), c’est vraiment ce qui manque dans ce monde, et au public du Jeu Vidéo. Et même, par extension, au public Pop-Culture. Plutôt que rester dans le mainstream et les trucs où le budget marketing égale celui des recettes, savoir sortir de sa zone de confort et découvrir des trucs. Je suis sûr que si chaque bibliothèque proposait des ludothèques, ou un principe d’oeuvres connexes pour découvrir les inspirations d’une oeuvre, le public en sortirait plus grandi et aurait passé encore plus de bon temps.

    J’évite de changer de sujet pour revenir sur celui ci : Une collection c’est bien, la faire découvrir et inciter les autres à faire de même et échanger dans notre passion, c’est mieux !

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  • Spiritmad

    17 janvier 2017à20 h 36 min

    Sympa ton article.

    Comme tu le dis, j’ai pas commencé ma collection sur un coup de tête mais vraiment par nostalgie. Je me rappelais des jeux auxquels je jouais enfant avec mon frère et ça me fait plaisir d’y rejouer. J’ai eu la chance d’en garder de l’époque et d’autres que j’ai revendu mais je m’en mords les doigts maintenant :/ (Pokémon & Golden Sun entre autres)

    Je collectionne aussi les cartes pokémon et retrouver le set de base en réédition depuis le 19 novembre dernier c’est juste énorme. De retrouver les cartes que j’achetais à l’époque avec ma mère au libraire du coin il y a de ça quasiment 20 ans !

    Alors oui la majeur partie du temps mes jeux dorment sur l’étagère mais il m’arrive de temps en temps de piocher et de me refaire une partie. C’est aussi ça mon but de collectionneur, me faire plaisir avant tout.

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  • ChaseDoh

    18 janvier 2017à10 h 58 min

    Je crois qu’il existe tout autant de collection que de collectionneurs. Par exemple, moi je comprends pas qu’on puisse accumuler des jeux sur une étagère… auxquels on ne jouera pas. Juste pour combler l’espace vide. Chacun son truc après tout.

    Mais je me sens collectionneur dans le sens où 1- je ne vends plus mes jeux 2- si j’achète du vieillot, c’est pour du culte ou pour avoir 100% de licences que j’adore. Je m’arrête là, je m’en cale d’avoir le super truc underground bien souvent tout naze qui prendra la poussière parce que jamais ouvert.

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  • ninkusama

    18 janvier 2017à12 h 37 min

    Tout est dit dans ces deux phrases :

    « Je pense que beaucoup de collections de jeu vidéo commencent comme la mienne par une revanche sur la jeunesse.  »
    « Le fait de juste posséder en lui même n’a aucun sens et ma collection de jeu vidéo n’aurait aucune valeur sans les histoires qu’elle véhicule. »

    Bravo pour ce billet

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