
Alors que le sujet bat son plein avec le papier d’Usul publié chez Ragemag sobrement intitulé « La presse jeu vidéo est un milieu consanguin ! » on peut se poser la question de savoir justement ce qu’il en reste de cette presse. A l’heure ou les magazines papiers disparaissent petit à petit et où les blogs personnels « volent » le boulot du journaliste lambda on peut se poser la question de savoir ce qu’il nous reste au final, que doit on lire ou ne pas lire ?
Presse sous Pression
Avant l’arrivée du net, les magazines papiers étaient le seul moyen de nous tenir informé de ce qu’il se passe dans le secteur. Chaque numéro était attendu pour découvrir les futurs hits, grapiller quelques cheats codes, jouer à un CD de démo ou même tout simplement avoir des nouvelles de ce qu’il s’est passé à l’E3. De nos jours les conférences E3 sont retransmises en direct sur le net et toutes les news que pourra grapiller un magazine auront toujours un temps de retard sur Internet et sa réactivité.
En 2012 qu’est ce qu’a un magazine jeu vidéo qu’Internet n’a pas ? Ne nous leurrons pas : pas grand-chose. De plus l’information disponible en kiosque est payante contrairement à celle sur Internet, il est plus logique que l’on aille chercher ses infos gratuitement sur des sites réactifs plutôt que de payer pour acheter de la news « périmée ».
Que reste-il aux magazines alors ? Je dirais deux choses : les tests et les chroniques. Les tests sont un peu le nerf de la guerre dans les jeux vidéo si bien que l’avis des journalistes est très souvent partagé entre l’avis personnel et la neutralité du propos, il n’est pas rare de nos jours que certains éditeurs « blacklist » tel ou tel rédaction car la note ne leur a pas plu (voir l’itw de Gaël Fouquet de chez Gamekult), je vous laisse imaginer l’importance d’un magazine de « plaire » à l’éditeur donc, pour exemple si un mensuel quelconque ne reçoit pas Black Ops II à tester dans les temps sa parution est reportée au mois prochain et pour des tests comme celui-ci les conséquences sont assez pénalisantes.
Et enfin les chroniques, les Interviews et toutes ces choses qui rendent la presse plus sympa et plus personnalisée à lire. On achète peut être tel ou tel parution, car la chronique de machin est toujours très sympa à lire ou les interview d’un tel sont toujours très complètes et enrichissantes.
Clairement si je devais garder seulement deux parutions dans la presse jeux vidéo ce serait ces critères-là qui m’influenceraient, j’aime lire un propos personnalisé et un vrai avis par quelqu’un qui existe, pas simplement une énonciation robotique et impersonnelle terminé par une note qui sera la seule chose à retenir des deux pages que vous venez de lire. En ce sens mes deux « choix » de magazines seraient Canard PC (et son supplément Canard Console) pour la bonne ambiance qui y règne et où le propos est plutôt décontracté et IG Mag pour ses interviews passionnantes souvent longues et quelques dossiers qui valent vraiment le coup d’oeil.
Bien sûr il n’existe pas que la presse papier, on a tous nos sites Internet préféré où l’on aime chercher l’actu. Certains défendent avec ardeur tel site ou tel journaliste écrivant pour le compte de machintruc.com, mais comme pour le papier il existe des points critiquables notamment à cause de conflits d’intérêts évidents.

Critiquer un jeu dont l’éditeur à lâché un joli chèque pour faire la « une » du site, délicat non ?
Le bon la brute et le ménestrel
La principale différence entre la presse papier et Internet c’est que la seconde n’est pas rémunérée au moment de la consommation, vous pouvez très bien flâner des heures chez Gamekult, Gameblog ou JeuxVideo.com sans débourser un centime, alors que consommer trois magazines vous aurait déjà coûté entre 10 et 15€ on peut se demander comment ils en vivent, les informations sont elles au rabais ?
Au contraire de la presse papier l’info sur le net est toujours fraîche, on qualifie une info datant de quelques jours comme périmée donc c’est évident que c’est un monde plus réactif (plus pressé peut être). Pour assurer les revenus on trouve des encarts publicitaires et très souvent des habillages de page d’accueil différentes selon les sorties du moment. Sont récurent également les systèmes d’affiliation avec la Fnac ou Amazon par exemple pour toucher un pourcentage sur chaque jeu vendu (aucune idée sur ce que ça représente de leurs CA au final). En gros voilà comment un site jeux vidéo gagne sa vie, tout dépend donc de la masse de visiteurs que l’on arrive à captiver, en ce sens sortir un test du dernier Call of Duty ou des infos exclusives sur le dernier GTA vous garantit un flux de visite très très très (très très) important, car c’est ce qu’il plait.
Pour moi Call of Duty est l’exemple parfait en ce moment, car il illustre parfaitement ce que je veux montrer. La plupart des sites lui ont attribué de bonnes notes dans l’ensemble et au final un jeu comme cela ou l’innovation est proche de zero (comparé aux précédents opus) arrive à avoir la même note que Dishonored par exemple, jeu vraiment innovant en passe de devenir peut être le GOTY2013. Preuve que les sites de jeu vidéo doivent doser la formule alchimique de satisfaction de l’éditeur, du lecteur et d’une part d’esprit critique. Hors le problème est que certains prennent le dosage pas trop au sérieux et distribuent la lèche aux éditeurs et aux lecteurs sans se préoccuper de ce qu’ils racontent. Au final raconter ce que ces deux acteurs veulent c’est s’assurer d’être peinard pour le reste de sa vie. En ce sens c’est pour cela que j’ai arrêté de lire Gameblog qui prend vraiment son lectorat pour des abrutis, entre les titres ultra racoleurs que même Gala n’oserait pas mettre et le Julien Chièze qui part faire la présentation des jeux pour le grand public de titres qu’il devra « tester » deux mois après je pense qu’on tient le cas d’école parfait. Je vous épargne les petits détails du site qui le rendent encore plus énervants (Le « deviens fan de nous » qui s’affiche par-dessus le site à CHAQUE VISITE, le site qui devient moche si on utilise Adblock, du genre pour te sentir coupable…).
Au final même si je tape fortement sur certains je dirais qu’il y a du bon et du mauvais à jeter un peu partout, jeuxvideo.com est un excellent site pour de la news « rapide » et surtout pour ses nouvelles chroniques animées par de talentueux indépendants. Et puis mon préféré : Gamekult qui arrive à prendre ses lecteurs au sérieux. Des avis peut être un poil sévères, mais assez juste dans le fond dans les rédactions de tests, c’est le site spécialisé que je lis le plus.
Et enfin dernier point que je voulais aborder : les blogs ! Ça va en faire hurler plus d’un mais tant pis.

« Bah dis donc tu viens plus aux soirées ! »
Danse avec les mous.
Pourquoi les blogs d’ailleurs ? J’ai envie de répondre tout simplement « à cause d’eux » en fait, car certains blogueurs par le simple fait d’exister se pensent journalistes avec les droits et les devoirs que cela impose, il était pour moi obligé de leur faire une petite place dans ce billet pour pouvoir dire ce que j’en pense.
Très sincèrement je trouve qu’un blog c’est la meilleure idée du monde : en quelques clics on est en ligne et on peut commencer à parler de nos passions le plus simplement du monde. Le premier danger c’est que de toute évidence n’importe qui peut le faire et que donc l’ensemble des sites perso dédiés au jeux vidéo n’est pas 100% bon, il y en a même beaucoup à jeter.
Dans l’ensemble je n’en lis clairement pas beaucoup, peut être 4 ou 5 grand maximum, le problème c’est que ces blogs « personnels » commence paradoxalement à tous se ressembler dès qu’il est question de rentrer en contact avec les éditeurs. En effet certains blogs sont amenés à « travailler » avec des éditeurs de jeu, qui leurs permettent en échange d’une critique un jeu sorti depuis peu de temps, les éditeurs nous fournissent également des communiqués de presse que certains blogs ne font que copier coller (où est l’aspect perso dedans…). Au final 90% des blogs ne sont pas bons, car sont trop orientés pour faire plaisir aux éditeurs, c’est pour cela que les notes sont clairement meilleurs qu’ailleurs car « il ne faut pas vexer tel ou tel boite de jeu, sinon je vais plus recevoir mes jeux », au détriment donc du moteur premier de l’ouverture du blog donc : la passion.
Pour moi un blog n’est pas un site spécialisé et ne le sera jamais, mais peut-être un excellent complément pour certains sujets. L’avis y est plus personnel (enfin en théorie) et permets d’avoir un avis plus passionné sur certains sujets. Si vous me lisez un peu vous savez tous par exemple comment je défends la Wii, combien j’aime Xenoblade et que je n’hésite pas à sanctionner les choses nazes que j’ai eu l’occasion de tester.
Tiens et moi pour finir ? Pourquoi pas après tout. Ce site que vous lisez est 100% basé sur ma passion, j’entretiens certes de bonnes relations avec certains éditeurs mais je ne rentre pas dans le piège de demander TOUTES les sorties de leurs catalogue, je pique quelques jeux qui m’intéressent pour vous en proposer des tests, c’est pour cela que je mets rarement de mauvaises notes mais bon de toute façon mon avis est très souvent assez argumenté. Mon site est à prendre (comme je le disait plus haut) comme un complément (vitaminé), étant donné que je fais souvent référence à l’actu et des mots de vocabulaire qui sous entends que vous vous y connaissez un maximum je pense que mon site peut s’interpréter comme un point de vue sur ma passion.


Jeu Vidéo / Black Ops II / Call of Duty