Que doit-on garder de Final Fantasy XV ?

Final Fantasy XV Cover

J’écris cette première phrase en sachant pertinemment que mon article sera un des plus longs du blog. S’attaquer au mastodonte qu’est Final Fantasy XV ne sera pas une mince affaire tant le jeu divise. Il y a énormément de choses à retenir de l’aventure de Noctis et ses amis. Cet article a pour but de synthétiser mon ressenti sur le jeu, sa technique, son écriture et ses promesses !

Joué sur une version commerciale avec le Patch 1.02


Final Fantasy XV arrive d’une autre époque, alors que le projet portait encore le nom de Versus XIII les rumeurs de lycée allaient de bon train : « Versus XIII c’est parce que tu vas te battre contre les membres de l’organisation XIII de Kingdom Hearts » ! Ces approximations de joueurs improvisés en journaliste de Gameblog laissaient transparaître une chose : déjà à l’époque tous les regards étaient tournés vers ce mystérieux trailer (qui envoyait quand même carrément du pâté) !

Final Fantasy XV Characters

Final Fantasy : Stardust Crusaders

Final Fantasy XV raconte l’histoire du prince Noctis et de ses compagnons de route et amis Prompto, Ignis et Gladiolus. Digne héritier des Lucis -rois gardiens de la lumière-, Noctis peut grâce à la bénédiction du cristal du royaume invoquer des armes et se téléporter. Alors qu’il s’apprêtait à se marier avec l’Oracle Lunafreya Fleuret des événements tragiques se passent à Insomnia, capitale du royaume. Le plan change alors pour ne laisser place qu’à un seul objectif : « Reprenez votre trône ».

Première erreur à ne pas faire : Final Fantasy XV est un tout scénaristique. Bien que le jeu se suffise en lui même, d’autres productions viennent étoffer l’univers. Je vous recommande vivement avant de lancer le jeu le très bon Final Fantasy XV : Kingsglave et l’anime gratuit Brotherhood. Certains diront que c’est dommage que tout ne soit pas dans le jeu, personnellement je trouve ce choix plutôt malin. C’est un choix d’écriture qui date de Final Fantasy XIII et une des fameuses raisons qui ont tant divisé à la sortie. Même si il n’en fait plus officiellement partie, Final Fantasy XV s’inspire de la Fabula Nova Crystallis et s’inscrit dans une mythologie dense et complexe.

Très peu de grandes villes et beaucoup de verdure, y’a pas à dire : ça change ! Le terrain de jeu de Final Fantasy XV est un bel open world rempli de monstres plus ou moins gros. Un des points que j’ai vraiment apprécié durant l’aventure c’est la remise en contexte de certains mécanismes traditionnels de la série. Prenez les auberges par exemple, dans n’importe quel Final Fantasy ça coûte 10 gils et hop vous êtes refait ! Dans Final Fantasy XV non seulement les auberges coûtent cher, mais elles sont également essentielles pour valider l’expérience accumulée dans la journée. En plus la nuit est blindée de daemons (des monstres moins sympa), croyez moi vaux mieux dodo ! On se trouve régulièrement à court de thunes dans le jeu, ce qui nous oblige à prendre des contrats de chasse pour vivre convenablement.

Un autre aspect que l’on retiendra de Final Fantasy XV c’est que le tant promis « This is a Fantasy based on reality » est vrai. Les interactions entre les personnages sont crédibles, vivantes et s’entremêlent avec le gameplay de façon quasi-organique. Une réussite d’autant plus grande que le doublage entièrement français est au top, rien que pour ce travail super propre jouez-y au moins une fois en VF !

Promesses et techniques

Vous vous en doutez : en plus de dix ans de développement tout ne s’est pas passé comme prévu. Entre les promesses de Tetsuya Nomura, les trailers spectacle, les soucis techniques et les équipes mobilisées sur d’autres jeux, Final Fantasy XV a connu un accouchement dans la douleur. Même lors de son changement de nom en 2013 les trailers montrés et les idées évoquées ne sont pas toutes présentes dans le jeu final. En résulte un jeu accidenté dont les cicatrices sont visible en jeu.

Et croyez moi avec toute la bienveillance que j’aurai aimé avoir, on ne peut que constater les séquelles de ce développement chaotique. Le plus grand défaut du jeu réside dans son open world est très vite limité par des murs invisibles. Même si techniquement la map affichée est conséquente elle est remplie de beaucoup de « rien » et quelques zones ne sont même pas accessibles. L’héroïne secondaire du jeu c’est d’ailleurs la ville de Insomnia, en tant que roi vous devez la reconquérir pour revendiquer le trône. Pourtant malgré les nombreux trailers montrant des escarmouches dans la cité vous ne l’apercevrez que brièvement. De ces soucis on en arrive à la conclusion que Final Fantasy XV n’est pas un jeu qui manque d’ambition, mais un tournant technique que Square Enix n’a pas réussi à prendre à temps. Pour compléter mes dires je vous conseille la lecture du passionnant billet en 3 parties de Final Fantasy World qui raconte la genèse des problèmes de cet opus.

Final Fantasy XV Altissia
Altissia, la très très belle ville du jeu !

Malgré tout, techniquement Final Fantasy XV sait régaler quand il le veut bien. En témoignent les combats contre et avec les invocations qui sont une des plus grandes réussites du jeu. Rarement dans un Final Fantasy on prend conscience qu’une invocation n’est pas qu’une grosse attaque en échange de quelques points de magie. J’en profite pour également parler du travail exceptionnel de la compositrice Yoko Shimomura (bae) sur le jeu. Ça m’arrive rarement d’arrêter ce que je fais dans un jeu pour poser la manette et juste écouter la musique. Quand cela m’arrive je tiens à le souligner ! Mention spéciale au thème débloqué tout à la fin du jeu qui fait office d’ultime récompense.

Tournant d’une génération

Final Fantasy XV c’est le jeu parfait pour mon pote Clément. Vous le connaissez pas et pourtant c’est le mec pour qui le jeu a été calibré. Comprenez par là que ce mec a grandi avec les Final Fantasy de la Playstation jusqu’à la PS2, puis les études, le travail, bref plus le temps… Quelques années plus tard « Oh pourquoi pas une PS4 ? » « Oh Final Fantasy XV ! ». Le jeu de Square Enix est réfléchi pour satisfaire les anciens joueurs qui n’ont plus le temps mais qui veulent tout de même jouer à un Final Fantasy. Pas besoin de farmer dix ans pour battre un boss, ou encore d’optimiser son stuff pour se sortir d’un donjon. Si vous n’êtes pas convaincu par ce que je raconte dites vous que le jeu démarre avec la phrase : « Un Final Fantasy pour les fans et les nouveaux venus ».

Final Fantasy XV Chocobo
Mes petites balades à Chocobo ! ❤️

Aussi depuis Final Fantasy XII il faut arrêter avec votre phrase à la con « Ouais mais c’est pas un vrai Final Fantasy ! ». Final Fantasy c’est a la fois tout et rien, ce sont des jeux, des films, des séries, des suites, des bouquins… Rien n’est plus indéfinissable que l’essence même de Final Fantasy. Je vous renvoie d’ailleurs vers ma vieille vidéo : « Qu’est-ce qu’un Final Fantasy ? ». Mon coup de gueule n’arrive pas là par hasard et même si la communauté Final Fantasy est une des plus péteuses qui sait toujours les choses mieux que les autres il n’empêche que Final Fantasy XV est un excellent jeu. Il n’a certes pas tenu toutes ses promesses et certains points sont décevants c’est indéniable, mais si vous avez UNE chose à retenir de tout ce pavé de texte : « Oui l’aventure Final Fantasy XV vaut le coup d’être jouée ».

Que doit-on garder de Final Fantasy XV ?

Ça me crève le cœur de dire ça mais si quelqu’un me demande si il doit acheter le jeu là maintenant je lui dirais « non ». Car Final Fantasy XV en tant que jeu vidéo n’est pas encore sorti. Les nombreux patchs de plusieurs giga et les DLCs à venir témoignent de deux choses : d’une c’est que le jeu aurait bien eu besoin de 6 mois de développement supplémentaires, de deux vous avez tout à y gagner à attendre une version GOTY compilant les mises à jour et les DLC des aventures de Noctis. J’ai peut être joué à une version bêta très très avancée, je n’en reste pas moins content de mon aventure. Final Fantasy XV n’est pas parfait, il essaye beaucoup de choses mais il arrive sans peine à remplir le contrat de « très bon jeu ».

Peu importe ce que vous en lirez ailleurs, peu importe ce que les « vrais fans » en pensent : Final Fantasy XV est un bon jeu. Avec ses grands moments, ses scènes bien écrites et ses combats dynamiques. Un jeu qui a d’ailleurs conscience qu’il peut être perfectible et qui annonce un calendrier de mises à jour sur plusieurs mois. Même si j’ai été très content de mon aventure bouclée en 35 heures je reviendrai avec plaisir pour une seconde run une fois les mises à jour bien avancées !

2 thoughts on “Que doit-on garder de Final Fantasy XV ?

  1. Je suis bien d’accord dans l’ensemble. FFXV fait des choses très bien, et d’autres moins. Je viens de passer 78h dessus, du coup, c’est qu’il ne peut pas être si mauvais que ça. A côté de ça, il y a des tonnes de détails qui m’ont énervés, surtout en passant après Xenoblade X qui faisait tellement bien les choses (les murs invisibles, ou le fait de devoir descendre de Chocobo pour ramasser un objet pour n’en citer que quelques exemples).
    Même niveau histoire, il y a tellement de choses intéressantes qui sont balayées en quelques secondes, c’est rageant. Mais le dernier chapitre et la fin, c’est un régal et je ne peux qu’espérer un FFXV-2 !
    Bon, je ne dis pas tout, j’en garde si j’ai la motiv de faire un article pour mon blog 😀

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