Critique – 99 francs de Frédéric Beigbeder

en-tete 99 francs

99 francs de Frédéric Beigbeder est un des romans qui me tentait le plus, de par son aspect fictif et son côté semi-autobiographique refoulé, cette dénonciation de certaines pratiques de la publicité (et au sens général de la communication) est d’autant plus aguicheuse qu’elle relate une part de mon métier et qu’il est grand bien de prendre du recul sur ce qui se fait, ce qui est bien et ce qui relève du « mal ».

Abordés de façon très cru, Frédéric Beigbeder raconte les déboires du personnage substitut de sa propre personne  : Octave et explique par quel miracle ce jeune con est devenu le vrai maître du monde, comment la publicité est devenu le théâtre de la troisième guerre mondiale et comment cette situation quasi idyllique va provoquer un profond mal-être chez Octave. Le ton très libre de l’oeuvre est probablement ce qui rassure le plus quant à la qualité du propos : tout paraît très authentique, très vrai et très « ressenti » dans le style de l’auteur. Octave nous mets clairement le nez dans notre caca, et même à mon niveau qui est loin d’égaler celui d’un créatif de la Ross & Witchcraft (l’entreprise fictive de ce roman) je ressens cette pression et cette envie de traiter le client comme le « con-sommateur » qui est tellement plus facile à cerner et à éduquer que du bétail. 99 francs m’a donc fait du bien, lire noir sur blanc des choses que j’avais du mal à formuler explicitement dans ma tête m’aident peut-être un peu plus à savoir ce que je veux et ce que je ne veux pas pour avancer dans ma vie professionnelle.

99 francs

Si vous avez vu le film 99 francs et que vous vous demandez ce que la version papier peut bien avoir de plus ou de moins je peux vous en toucher deux mots. Forcément le bouquin est plus fournie en détails, la structure reste globalement la même que le film. La bonne nouvelle c’est que les deux œuvres sont assez différentes : le film apporte des choses supplémentaires, tandis que le livre s’attarde plus sur certains détails et présente les choses de façon plus trash. Si vous avez vu la fin du film 99 francs, je lui préférerai sa version papier (même si elle ne m’enchante pas plus que ça, mais bon). Que ce soit en livre ou en film 99 francs reste une oeuvre assez décontractée dans son propos et assez accessible. Le livre se lit assez vite, en deux ou trois retours de bus c’était plié pour ma part.

99 francs film
Forcément vous assimilez Octave à ce personnage

Rempli de bonnes phrases, de mises en lumière bien sentie et de dénonciations, 99 francs est bien ce qui me manquait personnellement pour aborder le côté professionnel comme je l’entends. Bien entendu j’ai conscience que le livre souffre actuellement de sa date de publication un peu dépassé qui le rends hors sujet sur certains points (le secteur ayant évolué) mais il n’en reste pas moins pertinent sur le travail à accomplir, les différentes façons de traiter le client et le « pouvoir » qui est laissé à la communication (encore plus à l’heure d’Internet). Si vous cherchez un livre pour méditer sur notre société 99 francs me parait un excellent investissement, encore plus si vous êtes comme moi un minimum touché professionnellement par le propos du livre. Un autre argument pour achever le tout ? Il est vendu une misère de partout, vous y perdez pas grand chose du coup !

pour etre payé pareil

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