Critique – Drive de Nicolas Winding Refn

Il est une heure du matin passé de vingt minutes, et j’ai pourtant une démangeante envie d’écrire ma critique de Drive sur fond de certaines tracks composées par Kavinsky. Comme en témoigne cette première phrase vous vous doutez probablement que je ne vais pas tarir d’éloges sur le film de Nicolas Winding Refn. Véritable OVNI de l’année 2011 échoué au milieu de succès déjà annoncés comme Captain America, X-Men First Class, Harry Potter et nombreuses autres productions alignant les budgets colossaux, Drive est un film singulier qui fait du bien.

Ancré dans une esthétique 70-80 mais se déroulant à notre époque, dès l’atmosphère qu’il dégage Drive est intertemporel. Le film raconte l’histoire d’un chauffeur sans nom cascadeur pour le cinéma le jour et chauffeur privé pour la pègre locale la nuit, ses deux gagne-pain ont le mérite de mettre à l’épreuve les compétences déjà bien aiguisées du héros pour la conduite. L’homme va faire la connaissance de sa voisine, mère et épouse en difficulté et va tout faire pour la sortir de sa détresse.

Drive Photo
Résumé de l’histoire en une photo.

Drive est un film à double tranchant : soit vous allez adorer, soit vous allez détester. Que ce soit au niveau de la construction de l’intrigue, le quasi-mutisme du héros ou l’esthétique des plans Drive ne s’inscrit pas comme un film traditionnel. En ce sens je comprends et respecte absolument les mecs qui me disent que aimer ce film « c’est chaud » (si si ils disent comme ça). J’ai pour ma part adoré le PERFECTIONNISME des plans de Nicolas Winding (et quand je mets un mot en majuscule c’est que c’est important tavu !), tout est millimétré à chaque seconde tout le temps. Si bien que le film paraît être un mélange de millions de photos prises avec une certaine minutie dans le calcul des angles de la lumière, composition des plans, réflexion des surfaces etc. Toute cette alchimie est sublimée par le jeu d’acteur de Ryan Gosling, qui pour moi réussit à faire quelque chose de vraiment pas évident au cinéma : parler peu pour dire beaucoup. La force de son rôle est de finalement avoir peut-être avoir deux pages de dialogues à lui seul en une heure de film, mais de voir que la puissance de chaque mot prononcé par le personnage est parfois aussi blessante qu’une balle de Magnum vaux bien que l’on salue la performance.

Drive Film Photo héros
Ne cherches pas : cette veste ne va que au héros de Drive.

Des fois il ne se passe rien, des fois une vingtaine de lignes de dialogues se traduisent par un simple mais intense échange de regards, des fois on sursaute, des fois on a peur, des fois on est scotché… On goute a tellement de choses que Drive pourrait presque en être un film sensoriel. D’ailleurs quelques mots pour vous dire que si jamais vous avez aimé Drive, n’hésitez pas à tester Hotline Miami (et vice-versa). Niveau ambiance, histoire, écriture et esthétique c’est vraiment la même chose (et donc du bon gout) Hotline Miami a été énormément influencé par Drive, jouez-y donc.

Et puis que dire de la BO de Drive si ce n’est que c’est amplement validé. Tellement évocatrices de l’ambiance d’un road trip nocturne que je me félicite encore de rédiger cet article de nuit dans les conditions optimums pour replonger dans la délicate et violente ambiance de Drive. Le mélange entre cette musique, le jeu d’acteur de Ryan Gostling et la réalisation impeccable crée une poésie parfaite et originale, bon certes une poésie un poil violente mais une poésie quand même !

Finalement : un film de voiture quasi-sans voitures. Chapeau !

Drive n’est peut être pas un film que vous allez aimer, tant sa singularité ne lui permets pas d’avoir un point de comparaison. Je vous conseille cependant de le regarder quand même, ne serait-ce que pour voir si votre sensibilité vous permets de voir ce film.

2eme solution je pense

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