Ma culture est matérielle

cover image culture dématérialisé

Je me souviendrai toujours de ce Noël, je devais avoir 8-9 ans et il est temps d’ouvrir les cadeaux. Bien entendu comme un grand j’avais entouré des dizaines de pages dans les magasines de jouets pour que le papa Noël puisse savoir quels jouets j’aimais, alors sous le sapin que pouvait bien être cette grosse boîte qui ne correspondait en rien à mes souhaits ? C’est plus tard dans la soirée quelques secondes après le « Bon vous pouvez y aller » des parents que nous avons pu découvrir avec mon frère une de nos premières console de jeux : la Playstation. Je pense que c’est un des souvenirs d’émerveillement qui m’a le plus marqué et étant donné que cela allait être notre première machine de jeux rien qu’à nous le souvenir n’en est que plus fort. Imaginez maintenant : nous sommes en 2030, pour leurs 10 ans je décide d’offrir un cadeau similaire à mes enfants Keveene et Djesona (ne me jugez pas, la TV aura ravagé mon cerveau), quel sera la meilleure option possible compte tenu de l’évolution du medium jeu vidéo ? « Merci papa pour la carte cadeau steam de 50€ ! », « Oh génial la bêta de Minecraft 5 HD Edition ! ».

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Je n’ai jamais vraiment su comment aborder le « problème » du tout dématérialisé, je savais que c’était quelque chose qui me tenait à cœur mais je ne savais pas comment l’expliquer. C’est finalement un des derniers articles de JV Le Mag (le numéro 3 de mémoire) qui abordais le problème sous l’angle de la culture. Il n’y a pas de mal à aimer les choses matérielles, décrites par certaines personnes ça sonnerait presque comme un péché alors que c’est une notion assez abstraite qui n’a de sens que si on lui en donne. J’aime les jeux vidéo, les mangas, les comics, le cinéma et plein d’autres choses, il est pour moi absolument normal que le lieu où je vis soit à mon image. J’ai des jeux rares, des films sympas, des mangas cultes et tout un tas d’autres choses qui définissent ma culture et me rendent quelque part unique. Si un jour le jeu vidéo passe au « tout online, zero boite » que va-t-il advenir de la culture auquel je suis rattaché ? Ma passion ne sera-elle qu’une somme de données entassées sur un disque dur ? Ou encore mieux : une adresse mail me permettant de me connecter à Steam ? Comment puis-je partager la culture que j’affectionne si tout est si aseptisé et sous contrôle ?

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La Xbox One anti-occasion, on l’a frôlée.

Ne vous méprenez pas sur le sujet de la chronique, le dématérialisé a certes des inconvénients, mais aussi des avantages : il permet avant tout à des développeurs indépendants de se faire connaître à moindre frais de façon beaucoup plus facile. Ce billet ne sanctionne absolument pas l’usage du dématérialisé mais essaye de traiter du problème de ce que serait un milieu du jeu vidéo où TOUT serait dématérialisé. Quand on entend les discourt de Microsoft à propos de la Xbox One anti occasion, le rétropédallage discretos de Sony sur le même sujet et les DRM toujours plus présents sur les disques de jeux il est logique qu’à un moment ou à un autre la question se pose : voulons-nous vraiment cela ?

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Oui et non, dans l’absolu personne ne veut ça (sauf quelques abrutis probablement) mais si on regarde le chemin parcouru on se dit qu’on est en train de l’accepter petit à petit : le nombre de DLC pour tout types de jeux à explosé, les plateformes Uplay, Steam et Origins sont bien ancrées dans les PC des joueurs, le cloud est salué comme une innovation intelligente et le jeu en streaming débarquera sous peu sur PS4. Tout ça me fait un peu penser aux changements d’interface de Facebook : tout le monde râle dès que ça change en disant que c’était très bien comme ça, puis on accepte, puis Facebook re-change d’interface et tout le monde s’offusque encore avec un « mais celle d’avant était bien mieux ! », nous sommes cons pas vrai ?

De nos jours tout peut passer par le online et le tout dématérialisé : que ce soit le cinéphile, le joueur de jeux vidéo, le mec qui veut jouer au casino ou même celui qui souhaite visiter des musées. Le dématérialisé n’est pas quelque chose de mal en soi, au contraire il en découle des avantages parfois sympas, mais en aucun cas cela doit devenir le seul et unique mode de diffusion de la culture, que ce soit pour le jeux vidéo ou toute autre forme.

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3 thoughts on “Ma culture est matérielle

  1. Intéressant point de vue, et qq part ca me confirme l’impression que j’ai concernant les jeux vidéo, mais c’est valable pour le reste.
    Il y a désormais un grand écart entre les produits dématérialisés et ceux bcp plus concrets.
    Je m’explique : je trouve aujourd’hui que les gens vont se tourner soit vers une version démat’ quand il s’agit de « consommer » un jeu, ou pour des raisons de budget (soldes steam) ou d’économie de place. Par contre dès qu’un jeu a plus trait à la passion, au coup de cœur, à l’attirance de l’objet les gens n’hésitent plus à se tourner vers des éditions collectif qui coutent un rein, ou bien retourner vers des jeux/consoles rétro ou l’objet avait une place affective plus importante.

    Entre les deux, ce qui perd de l’intérêt, c’est le jeu en boite classique qui a depuis longtemps perdu tout ce qui faisait sa saveur : boitier plastique sans âme et un disque impersonnel de 12cm. Même plus un manuel à se mettre sous la dent..

    1. C’est pas faux ce que tu dis j’y avais pas vraiment pensé. Bon après que j’ai un disque ou une cartouche pour moi ça reviens au même, mais effectivement quand on prends un jeu Vita on se dit que la boîte est juste là histoire de dire « coucou t’as payé pour ça ».

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