[Chronique] Les blasés du cinéma.

Ban_chroniques

Le cinéma fait partie de notre quotidien depuis pas mal de temps, il n’est pas rare  de sortir pour s’enchaîner un Mc Do et un ciné (les vrais savent). D’ailleurs vous pouvez constater d’après le volume de mes critiques cinéma (seulement la moitié des films que j’ai vus en réalité) que c’est un domaine qui me tient à cœur.

Man of Steel cinéma
Man of style.

Mise en situation

Le problème c’est l’impression que depuis quelques années le cinéma tente de se suicider, l’enchaînement à un rythme exponentiel de blockbusters très propres visuellement proposant une ultra-surenchère d’action dans un cadre démesuré en est le principal fautif. J’aime ce genre de film quand la réalisation sert l’histoire et quand je parle de suicide je fais surtout référence à un abrutissement du spectateur qui ne regarde que la couche la plus accessible du film, c’est-à-dire le visuel.

Qui a vraiment compris le message caché derrière le très esthétique Sucker Punch ? Qui aura retenu de Man of Steel autre chose que la grosse bagarre qui pète toute une ville ? Des exemples comme ça vous en avez sans doute d’autres en tête et du coup je me pose la question (sans y répondre ici, désolé) : le problème vient-il du réalisateur, de la production ou du spectateur ? On faisait comment avant ?

Le point de non retour : Avengers.

Le cinéma des fautifs.

« Avant » parlons-en, certains vieux cons diront toujours « c’était mieux avant ». Et pour le coup dans le contexte du cinéma cette phrase est à moitié vraie, si Steven Spielberg avait eu les moyens de montrer son requin dans les dents de la mer s’en serait-il privé ? De même pour la tension crée par la suggestion de la présence de du Xenomorphe dans Alien de Ridley Scott. Avoir des moyens c’est bien, encore faut-il les définir en fonction des besoins de l’histoire et non l’inverse (surtout jamais adapter l’histoire aux moyens). Vous vous rappelez d’Eragon au cinéma ? Non ? Ouais c’est normal. Pour la faire courte le matériau d’origine (à savoir un excellent cycle de bouquins) s’est complètement fait violé dans le but de plaire au plus grand nombre et créer un film lisse et sans aucun message ni relief.

Sucker Punch cinéma
Un de mes films préférés. Un second degré de lecture complètement fou !

On en arrive à mon moment préféré, celui de la sortie de salle. Celle où tu as encore ton idée toute chaude sur le film que tu vas enfin pouvoir confronter aux autres, généralement tes potes ont bon gout donc ça va mais il n’est pas rare d’entendre les conversations des autres. Croyez-moi entendre un « Mouais c’était pas trop mal fait » quand on sort d’un Pacific Rim ça fait tout bizarre ! Je conçois tout à fait qu’une fois que l’on a enchaîné Avatar, Tron Legacy, Avengers, Transformers, Man of Steel, Pacific Rim bah au bout d’un moment cela crée une certaine lassitude (une demi-molle diront les connaisseurs). Même si la liste que j’ai faite est loin d’être irréprochable, que reproche-on individuellement à ces films ? Pas grand-chose me direz vous, le vrai problème c’est le contexte « blockbuster-esque » qui les définit comme des standards de « qualité ».

Ce que j’en pense tout haut

Que l’on soit d’accord, j’aime toujours autant le cinéma ! Et même si dans le tas certains films manquent de relief du fait de leurs surenchère de moyen cela ne veux pas forcément dire qu’ils sont dénué de tout intérêt, le délire otaku de Pacific Rim en est la preuve la plus flagrante : sans moyens le film ne pourrait pas exister. Il existe plusieurs types de films qui se prêtent plus ou moins au défoulement visuel, le blockbuster assumé avec un scénario minimaliste en est un bon exemple. De là à sortir de la salle avec un « Mouais bof » je ne comprends pas ? Tu veux faire l’homme ?

Vous aurez remarqué que je ne sais pas trop où en venir avec cet article, peut être du fait qu’un coupable de cette lassitude n’est pas clairement identifiable. Faut-il se calmer avec les explosions ? Peut-on faire évoluer le cinéma en combinant l’esthétique et la narration tout en plaisant au spectateur ? Deux paires de lunettes 3D empilées permettent-elles de voir en 6D ? Beaucoup trop de questions, si peu de réponses.

Ouais ouais

14 thoughts on “[Chronique] Les blasés du cinéma.

  1. Ah Sucker Punch tellement critiqué (comme tout les films du généralissime Zack Snyder) alors que ce film est une totale réussite justement car il ne faut pas le prendre comme on nous le donne, mais comme tu dis avoir un second degré de lecture. Les gens découvrerait un film totalement différent et pas un énorme clip stylisé pour geek.

    Cette blasitude on peut la retrouver en ce moment avec Wolverine « mouais y’a 2-3 scène d’actions », merde ce film est bon. Les gens ont besoin d’en prendre plein la gueule de nos jours et ne surtout pas réfléchir. Un autre exemple est « Le transperceneige » qui se verrait amputé de 20min par le distributeur aux états unis pour « ‘faire en sorte que le film soit compris aussi bien par des gens de l’Iowa que de l’Oklaoma' » et « arriver plus vite à l’action », c’est quand même hallucinant.

    Les gens sont de plus en plus blasé et ça ne s ressent pas seulement dans le cinema, le jeux video également. (idée de podcast 😉 )

    1. En fait même en tant qu’histoire le film est vraiment bon ! Si tu cherches l’interprétation du point de vue de l’histoire, la comparaison avec Alice au pays des merveilles etc. L’histoire est géniale et génialement suggérée.

      Je n’ai pas vu Wolverine et c’est vrai que c’est l’impression qu’en a c’est « Ouais ça manque d’action », alors que le personnage de Logan est souvent contrasté entre la violence et le calme.

      Bonne idée, on la mets sous le coude pour le podcast 🙂

  2. Pour ma part, Sucker Punch était une déception dans le sens où je m’attendais à voir quelque chose d’aussi épique que 300, le film était visuellement réussi mais tout simplement pas ma tasse thé prenant des airs parfois faussement pervers.

    Pour Wolverine qui est en salle actuellement, ce qui manque c’est l’action tout simplement… Ce n’est pas du tout le genre du personnage que l’on a pu voir à l’écran jusqu’à présent qui nous vendait de l’action à l’état brut…

    Enfin de compte, le point commun entre ces deux films tant critiquer (comme Pacific Rim je suppose que je n’ai pas vu) c’est leur côté nippon. On aime ou on aime pas.

    Je pense pas être blasé du cinéma, j’adore toujours autant voir un film mais le renouveau manque. Man of Steel, autant j’ai adoré l’ambiance sur Krypton autant sur Terre il y avait des moments ridicules (le pére qui meurt pour sauver son chien??? Superman et sa supervitesse alors? ^^).

    Mais attendons Elysium de pied ferme ^^

    1. J’aurais voulu écrire une contre-chronique que je n’aurais pas mieux fait en si peu de signes xD

      Voir en Sucker Punch « que » une simple débauche d’effets visuels c’est passer à la trappe 80% du film. Le second degré de lecture avec l’analogie évidente à Alice au Pays des merveilles, l’émancipation de la cruelle réalité par la création d’un autre monde etc. donnent un relief de fou au film ! D’ailleurs ce n’est en réalité même pas le point de vue de Baby Doll qui est raconté, mais ça je l’ai compris après plusieurs visionnages. Je ne force personne à aimer ce film, je conçoit que certains points peuvent ne pas être la came de certains, mais n’y voir « que » ça c’est super dommage !

      Pour Man of Steel (ouais je réponds dans le désordre) le fait que Superman n’utilise pas ses pouvoirs est clairement expliqué à ce moment du film, faudra que tu le revois :p

      Pour Wolverine et Pacific Rim je ne pense pas que les influences Japonaises soient au cœur de la chose (regardes Kill Bill qui fait l’unanimité), il suffit que ce soit bien réalisé et voilà. Le problème de Wolverine c’est que ce n’est pas QUE un héros violent, même dans les comics il est très contrasté entre le calme et la violence (ça dépends des auteurs aussi).

      Ce que je trouves dommage c’est qu’un film soit attendu à un certain niveau de standard d’action du genre « Si y’a pas [Tel dose] d’action/explosion le film est nul. »

  3. Déjà, Sucker Punch c’est trop bien. Et ceux qui diront que le but est de voir des petites culottes, alors ils n’ont rien pigé au film.

    Pour en revenir aux blasés, le phénomène est tout particulièrement notable avec les adaptations de comics au cinéma, chose que je ne comprends absolument pas. Prenons l’exemple de Batman par exemple. Il existe autant de Batman différents, que de comics qui ont été créé autour de l’univers de Batman, alors dire que le film ne respecte pas les comics est débile, vu que les comics ne se respectent pas entre eux. Il s’agit tout simple d’une nouveau comics mais cette fois-ci fait sous un autre format.

    Après, pour ce qui est des effets spéciaux, c’est cool. Mais comme tu le dis, les scènes de bastons, etc. doivent servir le scénario. Dans Sucker Punch, les scènes de combat ne font que montrer à que contraster la vie réel dans l’asile et ce qui se passe dans la tête du personnage, etc.

    Bref, nous sommes d’accords mon mignon.

    1. Je suis pas pour le bourrage de crane à dire « tel film est bien », par contre c’est con de passer à coté de ça. C’est comme dire que Raiponce est un mauvais film de Zombies…

      Bien d’accord pour les comics, je pense même que le réalisateur devrait un peu plus osé. Pour Iron Man 3 j’ai été un peu déçu de ne pas voir le vrai Mandarin dans toute sa démesure, autant créer d’autres vilains dans ce cas.

  4. J’allais justement rebondir sur une affirmation énoncée dans l’article : « Où veux-tu en venir avec tout ça ? »

    Ce n’était pas forcément mieux avant; puisqu’il y a eu également des grosses productions daubesques et des films aujourd’hui impossibles à regarder par une surenchère peu croyable. Waterworld a laissé quelques cicatrices; certains vieux Superman sont … Particuliers; des Batman ratés on en ressort déçu …

    Il y a tout de même pas mal de grosses productions cette année; mais surtout parce qu’il existe un public. Parait-il que World War Z a été un succès commercial; sur la forme et le fond c’est autre chose. Les réalisateurs ne font pas seulement des films faits d’idées, tout en sachant qu’une recette plus simple et plus attrayante et commercialement plus avantageuse est possible.

    S’il n’y avait aucun public et aucune adoration aux milliards d’explosions et d’effets spéciaux, peut-être que notre cinéma serait différent … Peut-être.

    1. Sur ton premier point on va surtout dire que maintenant que les films ont accès à une technologie correcte pour créer des effets spectaculaires ils en abusent. Comme dit dans le paragraphe avec Alien, avant on était obligé de suggérer les choses, maintenant on en montre beaucoup trop selon les films.

  5. Je lis souvent tes chroniques mais la j’arrive pas a voir ou tu veux en venir. A te lire on dirait que le cinéma se résume uniquement à de la science fiction et de l’action. Quand tu demande ce qu’on peut reprocher a un film comme Transformers on peut tout lui reprocher quoi, on dirait que ça a été écrit par un gamin de 14 ans et le jeu des acteurs est juste nul a chier quoi. Après un film n’a pas forcement besoin d’être beau visuellement pour avoir du succès (le film québécois a été très apprécié par le public sans l’aide d’aucune explosion), tourne-toi vers le cinéma indépendant et tu verras des films qui combinent esthétiques et narration (Into The Wilde). Après faut se dire que le cinema n’a pas commencé vers la fin des années 70, donc c’est sur qu’on pourra toujours dire que c’était mieux avant. Enfin j’espère surtout que j’ai pas fait un commentaire hors sujet ^^

  6. … Mais un film qui n’a pas une promo’ suffisante, des acteurs « Bankables » comme disent certains ou de gros moyens, ont plus de chances de ne pas fonctionner. Scott Pilgrim VS The World n’a pas eu un gros succès et il est pourtant tout l’inverse d’une grosse production.

    On a quand même pas mal d’erreurs du côté des consommateurs/spectateurs …

  7. Alors certes, je m’y connais pas en cinéma, et ça m’a jamais vraiment intéressé, mais ton article ça me donnerait presque envie de regarder quelques bons films, vu qu’à apparemment, y’en a des très mauvais. J’ai peut-être pas eu de chance, j’ai peut-être pas regardé les bons films…

    Bref, j’ai trouvé une chose étonnante dans cet article. Tu as l’air de dire qu’en gros, plus le budget est gros (donc, plus le temps passe, je pense que les deux facteurs sont liés), moins le film est bon. C’est bien ça que tu voulais faire passer comme message, ou j’ai rien compris et je retourne faire dodo ?

    1. J’ai comme d’habitude écrit un peu pèle-mèle ma pensée, je conçois que c’est pas non plus le truc le plus évident à comprendre :p

      En fait ce que je dit c’est que plus le budget est gros et plus le film perds en subtilité, ça peut être bien assumé comme dans Pacific Rim où c’est du fan service planétaire alors osef ou au contraire ça peut être carrément maîtrisé comme pour Sucker Punch, Prometheus et compagnie et le spectateur s’attends à une histoire mâchée. Du coup je me demande d’où viens la faute ? Le producteur un peu dirigiste, le réalisateur pas imaginatif ou le spectateur paresseux ?

  8. En l’occurrence tu te focalise sur le cinema « SF » (le mot ne convient pas mais tu saisis l’idée) et effectivement dans celui ci on tends de plus en plus à une surenchère d’actions esthétique et de plus en plus on fait fi de l’histoire. Ca tient beaucoup aux modèles économique qui change. Ajd soit un film sort format Blockbuster , soit en mode petit budget (moins de 3millions). Les films du milieu n’existent quasiment plus et dans les grosses productions il y a tellement d’argent en jeu que souvent tout est calibré et lisse. Je ne compte plus mes déceptions dans le cinéma grand spectacle actuel …
    Mais ce n’est pas vrai de dire que c’etait mieux avant puisque le cinéma est plus prolixe aujourd’hui , il y a multitude de genres et on trouve pleins de pépite.
    Pour les films gros budget , une manière d’exister assez librement est d’avoir un grand nom associé , comme Peter Jackson pour District 9 par exemple – Brad Pitt pour World war Z (mauvais exemple vu que le film est raté ^^).

Laisser un commentaire