[Critique] Dishonored, meilleur adaptation de V pour Vendetta ?

Bann critique

Ce texte révèle des éléments scénaristes plus ou moins importants de V pour Vendetta et de Dishonored. Si vous ne les avez pas vu/joué je vous conseille vivement de vous les procurer pour mieux saisir cette critique.

C’est l’histoire d’un homme trompé par son propre peuple, cet homme est devenu différent et sa personnalité est a jamais marquée au fer rouge. Il hante les rues de sa ville en quête de justice et d’idéal, son masque inspire la peur chez certains et la justice chez les autres, une chose est sure : il est prêt à tout pour accomplir sa vengeance…

Dishonored x V pour Vendetta
Le masque de la vengeance, oui mais lequel ?

Il est intéressant de résumer les similitudes de V pour Vendetta et de Dishonored par ce petit synopsis qui l’air de rien montre l’ampleur de l’inspiration prise par Arkane Studio pour créer son personnage de Corvo et la ville qui va autour pour le faire vivre : Dunwall. Avant d’énoncer les similitudes entre les deux oeuvre voici probablement la différence majeure : le support. Alors que V pour Vendetta est un film (lui même tiré d’un comics) Dishonored est un jeu vidéo, ce qui sous entends que l’oeuvre est beaucoup plus interactive que la précédente et offre des choix avec lesquels la personnalité du joueur permettra d’influencer l’aventure, chose évidemment impossible à faire avec un film qui par définition est statique et immuable.

Même si les influences de Dishonored ne se limitent pas à V pour Vendetta j’ai pensé que c’était l’oeuvre qui méritait de figurer en influence numéro 1 tant son omniprésence rends presque Dishonored comme l’adaptation du comics d’ Alan Moore. Il est vrai que j’aurais pu citer d’autres oeuvres comme Bioshock ou encore Deus Ex : Human Revolution mais les similitudes sont surtout d’ordre jouable et donc directement imputable au medium qui est le jeu vidéo.

Peut on dire que Dunwall est inspirée de l’Angleterre de V pour Vendetta ? Clairement, ne serait-ce que architecturalement ou avec la gamme de couleurs utilisées (majorités de tons froids), la ville dans Dishonored reste quand même plus poussée et joue presque le rôle de véritable héroïne  Corvo dans tout cela reste l’esclave de la volonté du joueur et n’agira que selon votre bon vouloir que ce soit en bien ou en mal. Dans V pour Vendetta la détermination de V parait inébranlable, à l’instar ou nos décision dans Dishonored peuvent varier V prendra quand à lui toujours le même chemin qu’il s’est fixé.

Ville Dishonored V pour Vendetta
Les villes se ressemblent pas mal tout de même.

Au rang des coïncidences qui rapprochent ces deux oeuvres on note que chacune d’entre elles possède un tyran qui s’est imposé dans sa prise de pouvoir en utilisant une maladie et en régnant par la terreur que cela inspire, on découvre cette révélation dans Dishonored en écoutant les aveux fait par le Lord Régent lors du chapitre 10. La Phase Finale, ils sont enregistré sur l’audiographe dans la tour radio, les méfaits d’Adam Sutler sont quand à eux clairement expliqués dans le film.

Plus intéressant encore, le fait que Corvo soit privé de parole dans Dishonored contrairement au très bavard V dans son film : personnellement j’interprète ça comme un libre court à l’imagination du joueur. Si je décide de tuer tel personnage, c’est probablement que j’ai mes raisons, si c’est mes raisons c’est alors également celles de Corvo. V pour Vendetta vous impose une idéologie et Dishonored vous la suggère habilement sans que votre héros ne prenne une seule fois la parole. L’intervention de l’Outsider dans Dishonored -personalitée mystique qui accorde ses pouvoirs à Corvo vous donne une idée de surpuissance qui vous invite à assumer pleinement vos actes et à réaliser au mieux ce que vous pensez qu’il doit être fait, en assumant les conséquences de ceux-ci.

La série The Witcher, sortie sur PC et Xbox 360 s’est également prêtée au jeu du choix, directement adapté du roman Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski, le jeu se permets de laisser le choix au joueur d’influencer le cours des évènements en le laissant choisir quel action faire. Ainsi le roman n’est pas respecté à 100% mais est beaucoup mieux adapté à ce medium. Résultat : The Witcher est connu comme un des meilleurs RPG de cette génération, ce qui au final rapproche encore plus Dishonored et V pour Vendetta.

Les deux oeuvres sont a la fois identiques et opposées ce qui donne un choix intéressant, l’interactivité de Dishonored rends l’objet plus personnel pour le joueur que ce que peut l’être V pour Vendetta de par sa nature immuable et donc universelle. Même si Dishonored n’est pas exempt de défauts, le fait qu’il propose une interprétation libre de cet univers en proposant des alternatives selon votre tempérament est rudement bien pensé, si vous n’y avez pas joué je vous le recommande chaudement !

Dishonored c'est cool aussi, ça aide

4 thoughts on “[Critique] Dishonored, meilleur adaptation de V pour Vendetta ?

  1. Très sympa ce parallèle 🙂 Comme je n’ai ni vu l’un, ni encore joué à l’autre, je ne pourrai pas me prononcer, mais c’est encore un témoignage des différentes influences qui peuvent participer à l’élaboration d’un jeu.

  2. Voilà qui est très intéressant, j’avoue que je n’avais pas pensé à rapprocher ceux deux oeuvres. Ton parallèle est crédible même si je ne suis pas sûr d’adhérer à tous les éléments que tu mets en perspective ; par exemple même si Dishonored est un jeu je trouve l’interactivité très limité. Même si la nature des actions peu légèrement influer sur le déroulement du jeu, le scénario est très basique, très linéaire et très classique, on le traverse sans vraiment avoir l’impression de l’habiter ou de le vivre.

    Mais il est vrai que le moment où l’on arrêter la diffusion de l’enregistrement du lord régnant est une scène très « V pour Vendetta » tout comme l’est l’inspiration 19ème. En même temps je trouve que les oeuvres s’opposent plus qu’elles ne ressemble, notamment sur le fait que Dishonored place le joueur du coté d’une révolution industrielle en marche comme une utopie qui se réalise alors que V pour Vendetta est la critique de la victoire de cette révolution industrielle. Quoi qu’il en soit ton article me donne envie de rejouer à Dishonored 😉

  3. @Rémy – En fait mis a part la fin c’était surtout sur le parallèle des deux héros où je voulait en venir. Corvo (le joueur) à le choix de tuer ou non un cible, un garde paumé ou un civil inoffensif là ou V reste ancré dans ses convictions et élimine sans peine pas mal de personnes pour assouvir sa vengeance.
    Pour les deux villes moi je trouve qu’elles se ressemblent, Dunwall est vraiment presque un protagoniste à part dans Dishonored et le Londres dans V pour Vendetta gagne peu à peu la confiance de V pour « s’allier » à lui. Quelque part ces deux villes sont vivantes et jouent un rôle à part entière. C’est bien sur mon avis 🙂

  4. Un parallèle plus qu’intéressant, puisque moi aussi le jeu m’avait à 2/3 reprise fait penser à V pour Vendetta, sans pour autant que cela me pousse à prolonger la recherche, ni l’approfondir.
    A mon sens, il y a clairement si ce n’est une inspiration, des clins d’œils sympathiques !

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